le 10ème séminaire itinérant du Réseau Universitaire et Scientifique Euro-méditerranéen sur le genre et les femmes

"Expériences de femmes dans les villes en conflits" 

aura lieu les 14 et 15 mai à Beyrouth 

Cette rencontre est organisée en collaboration avec l'association locale BAHITAHT, composées d'universitaires libanaises engagées dans la lutte pour les droits des femmes.


« Traditionnellement, la guerre est vue comme un événement qui ne concerne que les hommes – le plus souvent seuls à porter les armes et à combattre » (Thébaud, 2014 : 4). Afin de briser cette approche traditionnelle qui adopte le point de vue des élites et celui des hommes, ce séminaire a l’ambition de rendre visibles les femmes, de rendre compte de leurs rôles et de montrer la diversité des expériences et des vécus de guerre.

Ces dernières années, le renouveau des guerres « modernes » n’a cessé d’entraîner les populations civiles dans les violences les plus extrêmes, comme si la technologie moderne ne suffisait pas et obligeait les belligérants à rivaliser en exactions toujours plus inhumaines. Au cœur de ces drames humains, les femmes partout sont présentes. Victimes de tortures, de viols, de privations, d’agressions de toutes sortes, elles n’en sont pas moins actives, parfois en armes. Elles sont souvent le recours ultime qui permet non seulement la survie mais l’espoir. Mais les femmes sont aussi actrices dans les conflits enracinés dans les structures patriarcales et militaires qui sont soutenues tant par des hommes que par des femmes. Pourtant la violence des femmes a été souvent personnalisée, qualifiée d’exceptionnelle, tandis que la violence des hommes est souvent moralisée comme une activité structurelle ‒ la guerre ‒ et ainsi dépersonnifiée et idéalisée.

Des femmes soldates mais aussi des femmes dans les conflits ont été complices, voire actrices de violences et de viols contre d’autres femmes et des hommes. Les exactions commises par des soldates états-uniennes dans la prison d’Abu Ghraib en Irak ou l’extermination des Tutsis au Rwanda ou la guerre en ex-Yougoslavie à laquelle les femmes ont activement participé, en sont des exemples. 

Certaines figures nous interpellent car elles sont elles-mêmes présentées comme figure de la terreur. Leur parcours est celui d’une longue transgression. Force est de constater que, en ce siècle et sous différentes formes, nombre de femmes ont traversé plusieurs frontières. Et, à présent, les sociétés doivent apprivoiser ces nouvelles figures de femmes du côté de la mort, en finir avec la seule image idéale de la femme porteuse de vie.

Ce séminaire entend comparer et confronter des recherches sur et des témoignages et expériences des femmes victimes et actrices des conflits. Il s’agit alors de présenter la situation identitaire des femmes aux multiples nationalités, en périodes de conflits, à travers certaines formes d’expression culturelle qui donnent sens à leurs vécus. 



Ainsi, les questions qui sous-tendent ce séminaire sont : Quelle est la position des femmes aujourd’hui et comment perçoivent-elles ces conflits ? Qu’éprouvent-elles physiquement et émotionnellement ? Et quels effets ont les conflits sur les identités des femmes dans la société libanaise ?

Ce séminaire est en synergie avec l’action de la Fondation des femmes de l’Euro-Méditerranée. Il s’inscrit dans l'Axe 1 « Renforcer les capacités des acteurs de l’égalité » du Fonds de Solidarité Prioritaire « Femmes d’avenir en Méditerranée » financé par le Ministère français de l’Europe et des affaires étrangères et dans le cadre du projet «Développer l’autonomie des femmes» labellisé par l’Union pour la Méditerranée





Présentation du séminaire rubrique "séminaire"



 RUSEMEG 
 Réseau Universitaire et Scientifique Euro-Méditerranéen 
sur le Genre et les femmes.


Son objet principal est de faire croître la connaissance académique sur le genre et les femmes en euro-méditerranée et l'élargir à d'autres pays de l'Union pour la méditerranée en préparant des programmes de recherches conjoints.



Ses objectifs 



Le RUSEMEG identifie les chercheuses-rs et universitaires travaillant sur le genre en euro-méditerranée. Il produit de la connaissance scientifique et soutient le développement des études sur le genre. Il valorise les travaux sur le genre produits en euro-méditerranée et organise une recherche interdisciplinaire et inter-régionale. Il aide les jeunes chercheuses-rs en lançant des appels à projets de recherche.



Le RUS (Réseau Universitaire et Scientifique) répond aux besoins d'échange et de confrontation des différentes recherches menées sur le genre dans l'espace euro-méditerranéen. Il permet de donner les bases théoriques et scientifiques aux projets de terrains et aux politiques publiques dirigées vers l'égalité femmes/hommes. Il répond aux désirs des chercheuses-rs sur le genre d'échanger leurs méthodes, leurs concepts et leurs approches ; et à la nécessité d'aider les jeunes chercheuses-rs dans ce domaine.

Il est de notoriété publique que les connaissances liées aux besoins des femmes, aux inégalités dont elles sont victimes et à leurs capacités demeurent très insuffisantes. Ces besoins sont mis en évidence par l’OCDE, le PNUD, la Commission européenne et ONU Femmes.

Ses missions


  • Favoriser la reconnaissance des études sur le genre par la promotion et le renforcement des connaissances et des compétences en la matière.
Pour ce faire il travaillera  à : 

- Élaborer et contribuer à l’élaboration d’annuaires de chercheur/chercheuses et universitaires, établissements de recherche, lieux-ressources sur le genre ;
- Partager et diffuser la connaissance grâce aux :            
Recensement, sélection et classement des études et publications sur le genre ;  Recensement des enseignements dispensés sur les questions du genre dans la région euro-méditerranéenne ;
- Mettre en place et soutenir la mise en place de formations transnationales sur le genre, de séminaires et colloques transnationaux, de cycles de conférence (institution d’un «Collège des Femmes de la Méditerranée») ;
- Promouvoir et (faire) produire des études, des publications à géométrie variable ;
  • Encourager la rencontre des acteurs et actrices du monde universitaire et scientifique en favorisant l’élaboration de projets et partenariats internationaux propres au monde universitaire

Ses tâches


- Promouvoir le recensement des chercheur-e-s et universitaires travaillant sur les questions du genre dans la région euro-méditerranéenne ;
- Mettre en place et actualiser un agenda recensant les manifestations et publications de la région euro-méditerranéenne dans le domaine du genre ;
- Favoriser la réalisation de projets et partenariats en proposant une aide matérielle, technique, financière ;

- Recenser les chercheur-e-s et universitaires à l’échelle de la région euro-méditerranéenne 

- Favoriser les échanges d’étudiant-e-s dans une perspective intergénérationnelle, d’enseignant-e-s, de chercheur-e-s (co-tutelles de thèses, masters communs).