COLLOQUES /CONFERENCES/ المؤتمرات

Journée d'étude " a quoi sert le genre"

mardi 14 mars 2017

puis

Conférence
"Les études de genre appliquées à la recherche culturelle et littéraire :
questions théoriques et méthodologiques"

Le mercredi 15 MARS 2017

Faculté des lettres et des sciences humaines 

(de aïn-chock)

salle de conférence driss chraïbi - Casablanca

 




capsule vidéo de cette journée d'étude

Livret des résumés d'interventions


Programme de la journée



Colloque de divulgation des recherches sur le Genre
Hôtel Africa El Mouradi - Tunis 
Mercredi 11 Mai 2016
Précédé d’un atelier doctoral le Mardi 10 Mai 2016









PRÉSENTATION DU COLLOQUE

Recherches sur les Migrations avec une approche Genre Les mobilités humaines et leurs enjeux constituent une grande question contemporaine qui est au cœur des débats politiques, médiatiques et de société. 

Cette question prend place dans le contexte de la libre circulation des populations privilégiées, celle des capitaux, des marchandises et des informations, et dans celui de la fermeture des frontières, de la circulation conditionnée, de la mobilité contrainte, voire de la « militarisation » de la question migratoire. Laquelle s’inscrit également dans une conjoncture de cumul des richesses – par une minorité de personnes –, de mondialisation des profits, de paupérisation, de précarisation et de toutes formes de tensions et de conflits. On observe aussi que les politiques des États conduisent à la guerre dans de larges parties du monde, que le marché des armes reste actif. On assiste au plan international à des alliances que seuls des intérêts marchands peuvent expliquer en même temps que se développent des instruments juridiques et répressifs en vue de contenir les populations dans des zones de conflit et/ ou de pauvreté. 

Or, malgré les obstacles de tous ordres, et notamment l’état de guerre et de précarité climatique et/ou matérielle dans lesquels certaines populations vivent dans les pays du Sud en crise, une partie de ces populations franchit les murs de barbelés érigés un peu partout et arrivent en masse dans les pays frontaliers de l'Europe. Cette vision est aussi juste en ce qui concerne la Méditerranée. Aujourd'hui certaines régions du monde perdent ainsi leur population, y compris leurs élites selon des modalités différentes, certes. 

Mais les conditions sont rendues plus particulièrement difficiles aux migrants/ réfugiés les plus démunis. Ces déshérités venus du Sud se heurtent, dans leur quête d’un refuge, à l’inhumanité des politiques des pays européens qui peut être qualifiée de véritable catastrophe du XXIe siècle. C’est donc l’errance des plus fragiles qu’observent les populations nanties de l’ensemble de la planète ; derrière les barbelés qui divisent le monde ils comptent les cadavres sur les rivages. Parmi eux, les femmes et les enfants sont nombreux. Dans ce contexte, la prise en compte des populations migrantes les plus vulnérables et l’étude de leurs problématiques s’avèrent particulièrement nécessaires. Au cours de ce colloque, que le RUSEMEG se propose d’organiser en collaboration avec les chercheuses et les chercheurs de l’Université d’Oran, nous nous intéresserons plus particulièrement aux mobilités des migrantes, en envisageant la question sous l’angle politique et économique tout en abordant l’évolution historique de la question. La recherche en ce domaine a beaucoup évolué. 

La rupture avec l’européocentrisme et l’androcentrisme, l’évolution/ dégradation des conditions matérielles des déplacements et la prise en compte de la mondialisation ont permis non seulement de rendre visibles les migrantes mais de complexifier les études sur les parcours des femmes. Il ne s’agit plus d’étudier une catégorie statique de personnes qui s’installent pour une longue durée dans un pays « d’accueil », mais d’aborder leur déplacement comme un « processus social », ce qui implique de prendre en compte les conditions du départ, les étapes, les retours, les mouvements de balanciers,les conditions de leur installation dans les lieux d’accueil, etc. 

Les mobilités, les circulations, les motivations, les statuts sociaux des personnes sont si variés qu’il est impossible de globaliser les études sans distinguer la totalité de ces aspects. Compte tenu des contraintes plus importantes de cette dernière décennie, peuton encore affirmer que la migrante est «devenue une figure emblématique des transformations des ordres économiques locaux et globaux», comme l’a écrit, en 2010, Laurence Rouleau-Berger (Migrer au féminin, PUF, 2010) ? Entre la femme réfugiée venant de la Syrie et l’étudiante kenyane admise à Oxford qu’y-a-t-il de commun ? Entre la prostituée contrainte, la domestique enrôlée de force puis réduite à l’état d’esclavage et les business women de Mauritanie, comment établir un lien ? Entre les migrations inté- rieures ou saisonnières (par exemple entre le Maroc et l’Espagne) et les déplacements forcés par un état de guerre, difficile de globaliser la réflexion y compris critique. Il semble cependant que l’on puisse se rallier au point de vue des chercheur-e-s qui considèrent que les migrations – qu’elles soient internes, régionales, nationales ou internationales – et l’exploitation du travail des femmes accentuent la pauvreté de celles qui en sont les premières victimes, mais peut aussi permettre, dans certaines conditions, l’émancipation des femmes migrantes. 

Ainsi, il s’agira de questionner la mobilité/ immobilité des femmes dans les circulations internationales, là où se joue l’articulation entre la trajectoire sociale et la trajectoire spatiale des migrantes, où le politique est déterminant et où s’inscrivent des enjeux de pouvoir, tout autant économiques que sociétaux ou encore symboliques. Par ailleurs, l’époque actuelle incite à mener une réflexion plus théorique et problématique sur ce qui est en jeu à travers les questions et les politiques migratoires contemporaines dans lesquelles se construisent/déconstruisent/ reconstruisent les rapports à l’étranger et à l’altérité. De plus, les récentes querelles et violences autour des cultures dites d’origine ou des identités nous obligent à repenser la question de la production et les conditions d’élaboration de ces cultures et de ces identités. Et surtout de rendre compte de l’apport de ces échanges transversaux, autant en ce qui concerne les pays d’où partent ces migrantes que ceux dans lesquels elles s’installent, de façon temporaire ou définitive, tout en inscrivant cette réflexion dans le cadre des études sur le genre. 

Au cours de ce colloque plusieurs thèmes pourront être abordés, qui permettront d’approcher les conditions de départ des différentes catégories de population (émigration choisie, conditions climatiques, chômage, violences et conflits) comme les conditions de la traversée (différentes modalités d’exploitation matérielles et sexuelles) et celles d’arrivée dans des contextes rêvés, lorsque les migrantes sont confrontées au réel, c’est-à-dire aux conditions d’accueil et aux mutations soulevées par leur arrivée dans les sociétés censées les recevoir (législation, violences, déni de l’Autre mais aussi processus de mutation autant des migrantes que des sociétés dites « d’accueil »). 








Compte rendu du Colloque international du RUSEMEG

« Crises actuelles et enjeux démocratiques en méditerranée à l’épreuve du genre »

 samedi 6 avril 2013 à Marseille

Hémicycle de Marseille Provence Métropole-Pharo






Première rencontre internationale de chercheurs organisée par le RUSEMEG, ce colloque a lancé le projet pilote d’un Réseau Universitaire et scientifique euro-méditerranéen sur le genre et les femmes. Ce réseau se veut le pôle connaissance du projet euro-méditerranéen « Women Empowerment project », labellisé par l’Union pour la Méditerranée et préfigurant la future Fondation des femmes de la Méditerranée dont la création doit être annoncée au prochain sommet des ministres de l’Union pour la Méditerranée.


Le colloque a été précédé par la réunion du Bureau du RUSEMEG qui a permis d’élargir le bureau initial, issu de l’assemblée constituante du 7 décembre 2012, à quatre autres membres, universitaires du Maroc, de la Tunisie de l’Algérie et de l’Espagne.

Organisé sur une journée, le colloque a réuni neuf femmes universitaires de l’espace euro-méditerranéen engagées dans la recherche sur le genre et l’égalité femmes-hommes ainsi que de nombreuses représentantes d’associations ou de femmes actives dans la lutte pour l’égalité.

Les intervenantes ont analysé la situation des femmes dans les pays du sud de la Méditerranée au lendemain des révoltes du printemps arabes et la situation parallèle des femmes européennes soumises à la crise économique et démocratique que vit actuellement l’Europe.


Le colloque a été ouvert par la secrétaire générale de la délégation interministérielle française à la Méditerranée, Nathalie Pilhes et salué en clôture par Fatma Lalem, adjointe au Maire de Paris et chargée de mission au Forum de la Fondation Anna Lindh par la Ministre française des droits des femmes.


Le colloque était présidé par Madame Yvonne Kniebilher, pionnière des recherches sur les femmes et la maternité, initiatrice du laboratoire de recherche sur le genre GeFEM et membre de la Maison Méditerranéenne des sciences de l’homme d’Aix en Provence.

La modération du colloque a été assurée par Mme Hager Ben Cheik journaliste et universitaire tunisienne.



Après l’allocution initiale de Zohra Mezgueldi, Présidente du RUSEMEG, qui a rappelé l’importance des enjeux actuels de l’égalité des femmes pour la démocratie ( ?) le colloque a développé des analyses sur les sujets suivants :



Matinée :


« Les droits des Tunisiennes en contexte de transition : défis menaces et résistances » par Dalenda Larguèche, professeure d’histoire à l’Université de la Manouba, Tunis et directrice du CREDIF. La chercheuse a étudié les mutations de la société tunisienne. D’une situation passée où seul l’État jouait un rôle proéminent à aujourd’hui où les acteurs politiques, sociaux et culturels se bousculent, se multiplient et s’affrontent autour de questions sociétales dont la plus importante est celle de la place de la femme, de son statut dans la société et les textes législatifs. Il en résulte une situation de remise en question des acquis, que beaucoup de tunisiens pensaient irréversibles. « L’égalité entre les sexes est maintenant au centre de cet enjeu démocratique, dont il est la question centrale ».

« Les subjectivités précaires et les politiques de genre dans la crise grecque » _


Elena Tzelepis, chercheuse grecque au centre d’études avancées de Sofia en Bulgarie. Elena Tzelepis établi un parallèle entre les luttes contre l’austérité dans son pays et la révolution égyptienne. De la place Syntagma à Athènes, à la place Tahrir, au Caire, la chercheuse établit un pont entre les luttes. Car si les deux crises ont des causes différentes, elles portent les mêmes conséquences : régression conservatrice et extrémisme, qui touchent en premier lieu les femmes.

« Les Algériennes en politique, d’hier à aujourd’hui » par Fatma Oussedik, Professeure de sociologie à l’Université d’Alger 2, et directrice de recherche associée au CREAD ». Fatma Oussedik réfléchit à « l’exception algérienne dans les printemps arabes. Pourquoi ? ». S’inscrivant dans une démarche intellectuelle et militante, allant des maquisardes, mais aussi des militantes féministes ou non, tuées à cause de leur engagement. Pour autant, la chercheuse refuse de se laisser aveugler par les « allumeurs de fausse lumière » de ces printemps arabes, pointant aussi bien les puissances d’argent que les islamistes, chacun porteurs de projets étrangers aux revendications des femmes algériennes. Car rappelle-t-elle, « c’est autour du corps des femmes dans l’espace public que vont s’organiser les représentations politiques qui nous posent problème aujourd’hui ».

Les interventions ont donné lieu à de nombreuses réactions de la part du public, notamment sous la forme de témoignages spontanés plus que sous la forme de questions. Les sujets abordés, l’excision, la situation tunisienne sous le règne du parti islamiste Enahda, l’argent du Qatar, les salafistes, l’Islam contextualisé contre un Islam politisé et instrumentalisé, la laïcité et l’athéisme…



Après-midi :


« Comment est présentée la régression des droits des femmes en Espagne : une analyse linguistique » par Marta Segarra, Professeure de littérature à l’Université de Barcelone. 


Marta Segarra a disséqué le contexte politique espagnol alors que le pays est durement touché par la crise. La régression des droits des femmes s’effectue en même temps que la société se crispe sous le poids de la crise et que fleurissent les propos polémiques de certains hommes politiques. A travers l’étude des mots utilisés, la linguiste analyse les mécanismes de ces discours rétrogrades, avec humour, mais non sans tenir compte de leur dimension pathétique.

« L’anomalie italienne et le mouvement politique des femmes » par Chiara Zamboni, professeure de philosophie à l’Université de Vérone. Militante et philosophe, Chiara Zamboni

« Genre et réforme du système judiciaire au Maroc » par Fouzia Assouli, Présidente de la ligue démocratique pour les droits de la femme, Maroc

« Du droit à la réalité, un espace-temps à repenser » par Michèle Riot-Sarcey, professeure d’Histoire à l’Université Paris 8, responsable du RING (réseau international de recherche sur le genre). Débutant son intervention sous forme de réponse aux réactions déjà exprimées du public, Michèle Riot-Sarcey met en garde contre toute forme de manichéisme, « il n'y a pas un modèle démocratique d'un côté, où le discours est égalitaire, et puis un autre où c'est l'enfermement du côté de l'obscurantisme et du religieux », en étayant son raisonnement de références historiques et militantes. La question du Code Civil est également évoquée, devenu si important pour « arrêter légalement le chemin de la liberté également emprunté par les femmes ». Les codes de la famille en cours au Maghreb sont semblables, dans le sens où « il va représenter le chemin de la liberté et assujettissement pour les autres ». Ce processus reste le même dans ce la chercheuse nomme « le rapport du droit par rapport à la réalité », dans lequel « le droit est adapté pour exclure le potentiel de liberté idéal vers des fonctions naturelles ». Les femmes étant essentielles à la reproduction de l’espèce, ce « pouvoir » les excluent de la civilisation et de l'histoire.


Les intervenantes ont ensuite ouvert le débat et répondu aux questions de la salle. 

La militante marocaine Aïcha Echannah témoigne de l’action de Fouzia Assouli décrivant son combat quotidien et son courage, allant même jusqu’à rentrer dans une mosquée pour parler à ceux qui voulaient empêcher sa venue.

Témoignage sur la situation des femmes au Liban.

Le dimanche au cours de l’assemblée générale conclusive du Forum Anna Lindh, la Présidente du RUSEMEG, Zohra Mezgueldi a pu présenter le RUSEMEG. Dans son allocution finale devant la Fondation Anna Lindh, la ministre Najat Vallaud-Belkacem a entériné la création du RUSEMEG comme première pierre de la future Fondation des femmes de la Méditerranée qui sera mise en place par l’Union pour la Méditerranée.
Compte rendu en Anglais:
" Current crisis and issue of democracy in the Mediterranean as they affect matters of gender"